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  1. Il existe du verre sans bulles, surtout dans un aussi petit volume. Et il existe également du Zircon avec bulles. "la sensation de densité en main" : Le fragment mesure "environ 5mm", et donc son volume est d'environ 0,12cm3 au maximum (cube de 0,5cm de côté), peut-être guère plus de 0,06cm3 si 5mm est la plus grande dimension. Densité du verre # 2,5. Densité du Zircon = 4,6-4,7 # 5. Il est donc ici question de faire la différence - en soupesant dans le creux de la main - entre 0,3gramme et 0,6gramme dans le meilleur des cas, et peut-être entre 0,15gramme et 0,3gramme. Pas évident. Il est vrai qu'il est tout à fait possible de distinguer par soupesage la Barytine (densité 4,5) des pierres standard calcosilicatées (2,5-2,7). Mais en ce qui me concerne je n'y arrive que pour des pierres nettement plus volumineuses. Après, tout le monde n'a pas les mêmes capacités sensorielles... On ne distingue pas, sur vos photos, de forme cristalline typique du Zircon, mais rien non plus qui exclut le Zircon du point de vue cristallographique. Et il y a sur Mindat plusieurs photos de Zircon provenant de ce secteur, qui montrent des fragments de cristaux cassés, dont la forme cristalline n'est pas lisible. On en revient donc au test de dureté, déjà suggéré par icarealcyon il y a plus de deux jours. Le Zircon raye le Quartz qui raye le verre. La plupart des Zircons sont fluorescents sous UV ondes courtes, dans les tons jaunes. Les Zircons métamictes ne sont pas fluorescents, mais ce fragment ne semble pas être métamicte. Une fluorescence jaune sous UV-SW serait un argument fort en faveur du Zircon (l'absence de fluorescence n'étant quant à elle pas conclusive).
  2. Juste voir si cela raye le verre, ou si cela est rayé par le verre, afin de discriminer entre roche carbonatée ou siliceuse. L'idéal serait de tester le galet et une "dent". Sinon, j'ai trouvé une explication possible en terme de fissuration : en agrandissant la troisième photo, on devine deux fissures assez ténues qui se croisent juste au niveau de la commissure de la "bouche" côté gauche. Peut être que ces deux fissures se recroisent un peu plus loin sur la droite, et que leur trace sur la surface extérieure du galet dessine cette espèce de "bouche". Le matériau pris entre les deux fissures a fini par se fissurer sous l'effet des multiples chocs mécaniques subis par le galet pendant son transport. La lame de matériau comprise entre les deux fissures étant peu épaisse et de forme très aplatie, il est normal qu'elle se soit fissurée dans le sens de son épaisseur, perpendiculairement à sa plus grande dimension. Si le galet avait voyagé plus longtemps, des "dents" auraient pu finir par se détacher, car il existe probablement d'autres fissures à l'intérieur, toujours dans le sens de l'épaisseur de la lame mais plus ou moins perpendiculaires à celles qui séparent les "dents". Dans cette hypothèse, les deux fissures dessinant le contour de la "bouche" seraient liées à l'histoire tectonique du matériau; mais celles qui séparent les "dents" seraient des fissures de fatigue du matériau, apparues ultérieurement pendant son transport et son modelage, sous l'effet des très nombreux chocs répétés.
  3. Bonjour Joli sourire ! Sur la deuxième photo, on voit que le matériau constitutif des "dents" n’est pas très différent du reste du galet (un peu plus clair peut-être). D’ailleurs, toujours sur la deuxième photo, on constate qu’au niveau de la commissure à gauche il n’y a pas de solution de continuité entre extérieur et intérieur. Le matériau des "dents" est donc probablement le même que celui du galet, possiblement un calcaire, d'apparence microcristalline (calcaire sparitique, ou marbre). Voyez cependant s'il raye le verre, pour éliminer la possibilité d'un grès siliceux ou d'un quartzite. Hypothèse pour expliquer cette figure : il pourrait s’agir du remplissage d’un fossile, les fissures dessinant la "bouche" correspondant à une coquille disparue (dissolution). Les fissures séparant les "dents" peuvent correspondre à des cloisons disparues, ou à des fissures de retrait au sein du remplissage, ou encore à des fissures d’origine mécanique, liées aux vibrations du remplissage lors des chocs subis par le galet ("effet grelot"). Mais ce n’est qu’une hypothèse : je serais curieux de savoir si cette forme peut s’expliquer en termes de fracturation d’origine tectonique. On voit en effet diverses fissures sur le galet, certaines avec un remplissage; mais je peine à expliquer cette forme particulière en relation avec cette fracturation.
  4. En effet dans les paragénèses de marbres magnésiens à Phlogopite, Spinelle, groupe de la Humite/groupe de l’Olivine, Corindon, etc, c’est l’Enstatite et non la Clinoenstatite qui est répertoriée comme pyroxène (cf. le mythique exemple de Mogok). Se pourrait-il que suite à de très hautes températures l’Enstatite se soit transformée en Clinoenstatite ? Cette dernière - possiblement métastable après refroidissement - est-elle susceptible de persister aussi longtemps sans subir la transformation inverse ? Se pourrait-il également que ce même phénomène puisse expliquer l’absence de macles polysynthétiques, soit que les cristaux initiaux d’Enstatite aient été simples, soit que la recristallisation liée au "recuit" ait oblitéré les éventuelles macles préexistantes, en unifiant le nouveau réseau cristallin monoclinique ? (Ceci dit, n’y aurait-t-il pas des édifices polysynthétiques dans les cristaux macro du minéral X qu’alex.tre nous a présentés en photos?)
  5. Juste à titre de comparaison : en face, chez les Godons, le statut de la côte jurassique du Dorset, et notamment de "Kimmeridge bay”. Voir : gofossilhunting.com / Fossil hunting at Kimmeridge Bay Wareham UK. Un très court extrait : "You are permitted to collect loose materials from the foreshore, especially fossils that have already eroded out off the cliff and are lying free at the beach". C’est assorti d’un code de bonne conduite du ramasseur de fossiles, de très bon aloi, fondé sur l’adhésion volontaire et une certaine confiance envers la bonne foi des fossileux. Le code encourage la collaboration avec les scientifiques, suggère de leur signaler tout découverte sortant de l’ordinaire, et ne menace pas d’amende et d’emprisonnement toutes les trois lignes... Je ne suis pas un admirateur inconditionnel des Rosbifs - loin s’en faut - mais je dois reconnaître que leur approche réglementaire de cette activité est bien plus intelligente que les oukases français, et surtout bien plus respectueuse des citoyens ordinaires qui sont in fine les bailleurs de fonds et les employeurs de ceux là même qui pondent règlements, normes et interdictions 24/24, 7/7, 365/365, avec l’irrépressibilité d’une sécrétion hormonale.
  6. Certes certes : il y a un énorme biais à la base, les collectionneurs préférant les cristaux "textbook euhedral, razor sharp, gemmy, well exposed on matrix, gorgeous..." and the whole shebang. Rares sont ceux qui se délectent avec ce genre de spécimens. Mais on trouve cependant quelques images de lames minces sur Mindat.
  7. Passionnante cette rétrospective condensée depuis l’Ediacarien, où l’orogénèse hercynienne fait figure d’adolescent boutonneux, et l’orogénèse pyrénéenne de nouveau-né... Cette structure de Spinelle squelettiques, éparpillés façon puzzle dans la Calcite, avec une auréole brune autour, semble en effet assez spéciale. Je me suis pelé les vingt-huit pages de photos d’associations Spinelle-Calcite sur Mindat, sans rien voir d’approchant : l’écrasante majorité des spécimens montre des Spinelles idiomorphes octaédriques, une infime minorité montre des formes cristallines plus compliquées, et une poignée de spécimens montre des cristaux un peu arrondis sur arêtes ou partiellement transformés en Corindon. Vous tenez quelque chose d’intéressant semble-t-il.
  8. Bonjour Quatrième photo : peut-être une arkose à ciment ferrugineux (s’il y a une prédominance de grains de feldspath et de quartz). J’introduis le terme "arkose" parce qu’il y en a beaucoup en Haute-Loire, en particulier dans le Velay. Ce matériau fut beaucoup utilisé dans la bâti traditionnel, parce qu’il est relativement tendre et facile à tailler, et en même temps présente une résistance suffisante. Il existe des faciès durs et bien cimentés qui sont utilisés de préférence pour les linteaux, encadrements de fenêtres et pierres d’angles.
  9. Avant de refaire l'étiquette, attendons d'autres avis, peut-être une discussion. Mes arguments se résument ainsi : - si c'était de la Dravite, l'axe d'allongement des cristaux devrait être un axe de symétrie ternaire; - or dans le cas présent, les sections des cristaux semblent être des carrés ou des rectangles, éventuellement modifiés par des troncatures sur les angles (la petite section visible en bas à gauche de la deuxième photo, par exemple, est nettement rectangulaire); - cela oriente donc plutôt vers une symétrie de type quadratique ou orthorhombique. En revanche, la discrimination entre Vésuvianite et Andalousite est plus délicate, même si je penche en faveur de la première hypothèse. 3frangin pourrait sans doute nous fournir un avis éclairé sur l'hypothèse "Duparcite". Voici déjà un avis supplémentaire.
  10. Cela remonte à neuf ans, et j'ignore si Kayou est toujours intéressé. Mais je tombe la-dessus suite au rafraîchissement du sujet. Ce n'est pas de la Dravite. Cela évoquerait plutôt la Vésuvianite ou l'Andalousite. Peut-être une "Duparcite" d'Azegour?
  11. Il est vrai que la Vésuvianite "noire" est en général vert sombre presque noir, brun sombre presque noir ou rouge sombre presque noir. L’Aegirine et l’Allanite peuvent être vraiment noires, y compris avec un aspect charbonneux dans le cas de l’Allanite. En outre, certaines cassures ternes et faiblement luisantes (rappelant la bakélite) évoquent l’éclat des cristaux métamictes. Est-ce qu’il y aurait de la Magnétite avec ? Ceci dit l’hypothèse amphibole calcique tient la route. Les sections visibles ne présentent pas de symétrie ternaire patente. Mais il est vrai que certains cristaux de Schorl sont tellement polysynthétiques que leur section est quelconque...
  12. Coucou la clique du 66 ! Vésuvianite ? Ce que la photo montre ne permet pas de l’exclure. Mais on en voit plus lorsqu’on l’a en main... Aegirine ? Allanite ?
  13. Peu probable que cela fasse un "tube" continu. Certes la nature est inventive, et j’ai vu des phénocristaux de feldspath jusqu’à 12cm dans le granite de la Margeride; mais ils étaient plus trapus, sensiblement moins élancés que ne serait le présumé tube... Ceci dit si vous sciez le galet, que vous polissez sommairement une face et que vous la scannez, cela permettrait d’en savoir plus sur la roche. Mais le sciage risque d’endommager les cristallisations d’Epidote.
  14. Bonjour La rivière, c’est l’Osu, petit fleuve côtier dont la longueur ne doit guère dépasser 20km. Le galet ne vient donc pas de très loin. J’ai recherché le contexte et les cartes géologiques du secteur. Le lieu de découverte, ainsi que l’ensemble du bassin versant de l’Osu, se trouvent sur la feuille au 1/50000ème de Porto-Vecchio (n° 1124). Mais on peut également consulter avec profit la notice de la carte n°1127 (Sotta-Bonifaccio-Santa Teresa di Gallura). Cette notice est une monographie très fouillée et détaillée (pour ne pas dire touffue, voire foisonnante) des multiples faciès des roches locales. Lecture très ardue pour moi, voire hermétique, compte tenu de mes connaissances limitées en pétrographie : c’est du stuff pour phoscorite. J’en ai compris(?) tout au plus 20-30%; mais très intéressant quand même. Pour résumer, le bassin versant de l’Osu se trouve dans les roches cristallines hercyniennes du batholite corso-sarde, qui couvre une grande partie de la Corse (mise en place entre fin Carbonifère et Permien). Il s’agit pour l’essentiel de granites calco-alcalins et alumineux, et granitoïdes associés, qui se déclinent en moulons de faciès (que la notice de la carte n°1127 s’efforce de répertorier aussi exhaustivement que possible et de décrire en détail). Ces granites sont recoupés par d’assez nombreux dykes de roches magmatiques basiques ou acides (basaltes, gabbros, andésites, rhyolites, etc). Point intéressant pour nous : beaucoup de ces roches, que ce soit les granites/granitoïdes ou les filons magmatiques, présentent des faciès porphyroïdes, avec de gros cristaux automorphes de divers minéraux (5mm à 5cm), pris dans une matrice à grain plus fin. Comme c’est le cas pour la roche présentée ici. En outre, pour plusieurs des faciès décrits dans la notice de la carte n°1127, il est indiqué que les feldspaths sont saussuritisés, ce qui nous renvoie à l’Epidote ou à la Zoïsite.
  15. Bonjour Le minéral vert qui cristallise en gerbes de fines baguettes est vraisemblablement de l’Epidote. Pour au moins une des inclusions, les cristallisations d’Epidote semblent présenter un contour polygonal bien net. Et dans au moins un cas, ce polygone est un hexagone assez régulier. Cela suggère que l’Epidote aurait remplacé des cristaux (ou groupes de de cristaux ) d’un autre minéral présent antérieurement : - soit que ce minéral ait été dissout, l’Epidote étant venue remplir ultérieurement l’empreinte vide du cristal disparu, - soit que le minéral préexistant ait été transformé sur place en Epidote, sous l’effet d’un processus de métamorphisme. La première hypothèse semble être la plus probable, dans la mesure où le remplissage de l’hexagone semble incomplet par endroits. A noter également que le minéral remplacé se présentait apparemment en cristaux bien nets, et de dimension importante comparée à celle des autres éléments constitutifs de la roche grise. Il existe divers minéraux dont les cristaux sont susceptibles de présenter une section de forme hexagonale dans certains plans de coupe : par exemple le Quartz, la Calcite, diverses espèces de feldspath, diverses espèces de mica, diverses espèces de pyroxène, ou encore les différentes espèces du groupe des grenats (pour ne citer que des espèces courantes et plus ou moins ubiquistes). Trouvaille intéressante, qu’il conviendrait d’interpréter à la lumière du contexte géologique local, que je ne connais pas du tout malheureusement.
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